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LA MAURITANIE CONTEMPORAINE :
ENJEUX DE MEMOIRE ET NOUVELLES IDENTITES
EDITE PAR PIERRE BONTE ET SEBASTIEN BOULAY
The Maghreb Review envisage la publication d’un numéro spécial consacré à la Mauritanie, publié dans le courant de l’année 2010. Les auteurs intéressés peuvent participer à cette édition sous forme d’un article qui réponde à l’un des thèmes présentés dans l’argumentaire ci-joint ou porte sur des thèmes voisins répondant à l’orientation générale retenue pour le numéro.
Ce numéro est maintenant complet et paraîtra au début de 2010.
CONTACTS
ARGUMENTAIRE
La Mauritanie contemporaine connaît un mouvement accéléré de mutations sociales, politiques et culturelles dans le contexte de la mondialisation. L’exploitation du pétrole et les perspectives de développement des activités extractives, minières et halieutiques, en font de manière croissante un pays exportateur de matières premières. Seule une partie de la population en bénéficie réellement et l’exode rural, l’urbanisation massive, accentuent les tensions sociales potentielles. Les aléas d’une transition démocratique volontariste après trois décennies de régime militaire, perpétuent une certaine instabilité politique que risque d’aggraver un intégrisme islamique naissant. Ces mutations se manifestent aussi sur le plan culturel mobilisant des enjeux de mémoire et s’accompagnant d’une redéfinition des identités qui en transforme les signes dans la perspective, entre autre, de la patrimonialisation de l’héritage du passé.
La recherche des origines et les lectures du passé. On constate généralement dans le contexte national une nouvelle lecture du passé qui s’organise autour des thématiques de l’islamisation et de l’arabisation des populations de cette aire. Elle s’accompagne d’une patrimonialisation des objets culturels (villes anciennes) et naturels (Parc national du Banc d’Arguin) leur réassignant de nouvelles significations culturelles accompagnant les profondes mutations des modes de vie (sédentarisation, exode rural, urbanisation). S’appuyant parfois sur des référents matériels (tente, vêtement féminin, malhafa, images des oasis et de la vie pastorale…) ces signes réapproprient sous de nouvelles logiques identitaires l’héritage culturel. Parallèlement dans le nouveau milieu urbain émergent de nouvelles formes culturelles qui retiendront l’attention dans les domaines de l’architecture, de l’urbanisme, des modes de communication et de sociabilité, de l’alimentation, des rapports au corps, etc.,
La (re)construction du lien social. La société mauritanienne a été traversée de crises culturelles qui relèvent de profondes déchirures du tissu social. Deux de ces crises, correspondant respectivement à la perpétuation de l’esclavage et aux conflits « ethniques », qui ont entraîné des déplacements importants de populations, connaissent de nos jours de nouvelles évolutions avec la pénalisation de l’esclavage et le retour des réfugiés, aspects importants de la (re)construction nationale. Autre facteur décisif de celle-ci, l’islam a connu dans la nouvelle société mauritanienne urbaine des évolutions conséquentes avec l’apparition de nouvelles formes de religiosité mais aussi d’idéologies islamistes, « missionnaires » (tabligh) ou salafistes, ces dernières mises brutalement sur le devant de la scène ces dernières années. Ces évolutions sont aussi notables dans le domaine du droit moderne où se perpétue la référence à la sharî‘a à côté des manifestations d’un nouvel universalisme juridique moderne ; le droit et le système juridique mauritanien sont en quête de nouvelles configurations en particulier dans le domaine du statut personnel,
La problématique du genre recoupe nombre des thématiques exposées sous les différents points énumérés et pourra être abordée sous l’angle juridique (réforme du code du statut personnel), économique (emploi, commerce, investissement) mais aussi statutaire, social et surtout culturel.
Identité nationale et culture politique. L’évolution de la vie politique amène à s’interroger sur le « tribalisme », manifestation d’une faiblesse persistante de l’Etat où de la place que tient la tribu comme une dimension de l’organisation de la « société civile » ? Les appartenances tribales mais aussi régionales et « ethniques » jouent en particulier un rôle important dans le processus d’émergence des élites politiques (mais aussi économiques et sociales). On peut se demander quelle est la part des représentations créatrices de nouvelles « distinctions » sociales, économiques, statutaires, politiques, etc., et celle des réseaux qui interviennent concrètement dans l’organisation de ces processus, ainsi que la nature des sélections qui opèrent. On peut se demander par ailleurs ; observant la succession rapide des régimes politiques quelles sont les divergences mais aussi les convergences entre ces modèles politiques et idéologiques de l’Etat auxquels il faudra peut être ajouter dans un avenir plus ou moins proche le modèle intégriste islamique ?
Culture nationale et globalisation. Poursuivant l’objectif d’arabisation de la société nationale les politiques linguistiques connaissent des variations périodiques concernant la place de l’arabe, du français et des langues nationales. Comment se caractérise de nos jours le phénomène d’arabisation, du système scolaire aux médias satellitaires ? De manière plus générale devraient être abordées les relations interculturelles dans le contexte international et national (littérature en particulier), et les effets de métissage linguistique, dans les différents dialectes parlés dans le pays. La poésie et la musique contemporaine, en pleine mutation, retiendront plus particulièrement l’attention des auteurs. On s’intéressera encore aux traits d’une nouvelle culture urbaine, et en particulier aux modalités de mise en scène (messrah) des nouvelles élites urbaines, économiques et politiques, qui produisent de nouveaux modèles sociétaux et culturels : effets de mode, signes du prestige, véhicules et téléphones portables, etc.
Les Conditions de Publication sont ici.
Ce numéro est maintenant complet et paraîtra au début de 2010.
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